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Stade Lavallois Museum

Stade Lavallois Museum

Site consacré à l'histoire de l'équipe de football du Stade Lavallois et aux valeurs portées par les joueurs au maillot tango.

Article Ouest France


Michel Le Milinaire : "Laval,comme quelqu'un qui s'était trompé de porte"




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Miton qui déborde Debotté, en août 1987 à Le Basser... Michel le Milinaire (en médaillon) avait mené le Stade aux côtés des Nantais d'Henri Michel. Tango et Canaris se croisèrent en D1 de 1976 à 1989. Photos : Archives

Laval - Nantes, J-2. Michel Le Milinaire se souvient des matchs de D1 entre 1976 et 1989. Depuis, les deux clubs ne s'étaient pas rencontrés en championnat.

« Je me souviens de notre premier match face à Nantes en D1. C'était en novembre 1976. Il y avait un brouillard à couper au couteau. On avait reçu une correction (4-0). Le Stade lavallois était le vilain petit canard qui dérangeait. On arrivait cette année-là en première division comme quelqu'un qui s'était trompé de porte. On était juste un club amateur qui avait fait ses preuves dans les divisions inférieures. On était satisfait d'y être, mais aussi réservé quant à l'affirmation de soi. On plongeait dans l'inconnu.

L'année précédente, Avignon était monté puis redescendu aussi sec et avait vécu les choses un peu comme nous. Nous, on arrivait l'année suivante, en sachant très bien que la Ville de Laval n'avait pas les moyens de soutenir une équipe en première division. On avait été obligé de recruter. Notamment des pros sur le retour ou délaissés comme le Chilien Ignacio Prieto. Il avait joué à Lille et avait été capitaine de l'équipe nationale chilienne. Et puis on avait associé des garçons comme lui à des jeunes. Il y avait Roger Bertin, Alain Desgages, Lionel Lamy, Éric Bédouet. Pierrot Lechantre plus tard, Jacky Vergnes.

À cette époque, Nantes était une référence en terme de jeu. Il y avait des joueurs comme Loïc Amisse, Henri Michel, sans doute l'arrière central le plus brillant que la France ait connu, Maxime Bossis. C'était des talents au service d'un collectif. Nantes proposait le meilleur jeu, fait de précision, de mobilité, de mouvement. Un exemple. En France, il y avait Nantes et Saint-Étienne. On avait d'ailleurs battu les Verts en 1976, à la maison, 3-1, trois buts de Vergnes. On avait un bon milieu de terrain avec Camara, Keruzoré et Smerecki.

Nantes, comme Saint-Étienne d'ailleurs, on les affrontait en sachant qu'on ne ferait pas le poids. Mais on avait quand même des plans de jeu, très souvent défensifs car il s'agissait d'être en alerte et de ne pas se jeter dans la gueule du loup.

Pour ce qui était de mes causeries d'avant-match, je n'avais pas besoin de dire grand-chose... La motivation venait naturellement. On les a battus une fois, chez eux, en 1987 (2-1).

Nous, on n'était pas encore une école. Ce n'est que plus tard que nous avons ouvert un centre de formation. Quand on a compris qu'on ne pourrait pas tous les ans finaliser des transferts. On s'est alors appuyé sur les joueurs du cru. Et puis petit à petit, au fil des ans, Laval a été pris en considération dans le monde du football. Ça a donné ce que vous savez.

Depuis quelques années, le FC Nantes est devenu une équipe moyenne. Je crois que tout le monde regrette le FCN flamboyant qu'on a connu. Ils ont l'air de reprendre du poil de la bête ces dernières semaines. Vendredi, Laval jouera d'égal à égal. À l'aller, tout le monde s'était satisfait du résultat nul. Pas moi. J'avais dit aux gars qu'on aurait dû le gagner, ce match. Nantes n'était même plus une équipe. Ce n'était qu'un groupe de joueurs. »

 

Recueilli par Mathieu COUREAU








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