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Stade Lavallois Museum

Stade Lavallois Museum

Site consacré à l'histoire de l'équipe de football du Stade Lavallois et aux valeurs portées par les joueurs au maillot tango.

Un enfant de la Mayenne et du Stade

Stéphane Pichot : « J'ai une chance inouïe »


pichot


23 octobre 1998 : Laval vient de battre le Red Star de Franck Bonora (4-2) grâce, notamment, à une frappe de 30 mètres de Stéphane Pichot. Photo : Archives Ouest-France


Originaire d'Ernée, Stéphane Pichot est l'un des rares Mayennais à avoir percé au plus haut niveau. Il raconte son sport.


Stéphane, quelles sont les qualités nécessaires à la pratique du football selon vous ?

D'abord avoir envie de jouer pour le plaisir. Et ne penser à rien d'autre. Exactement ce que je faisais quand j'ai pris ma première licence à Saint-Pierre-des-Landes, puis à Ernée, il y a longtemps déjà. Se retrouver entre copains. Le football est le sport le plus populaire, le moins cher de tous, aussi. Il y a juste besoin d'une licence et d'une paire de chaussures.

Puis, en grandissant ?

Bien sûr, les qualités technique et physique se travaillent au fil des ans. Il faut, je pense, développer des qualités d'endurance, avoir un gros coeur et une vraie force de caractère. Car il y a peu d'élus au bout du compte. Arrivé à un certain niveau, la différence entre plusieurs joueurs équivalents se fait au mental. Et puis je reste persuadé qu'il y a un facteur chance dans tout cela.

Petit, vous étiez comment ? Bagarreur, hyperactif ?

J'étais actif. J'avais besoin de me dépenser, de courir. Et j'étais déjà très mauvais perdant. Je ne me laissais jamais marcher sur les pieds, malgré mon petit gabarit. J'étais chétif.

Êtes-vous à l'aise dans le milieu du football professionnel ?

Ça dépend... Les mentalités changent. Les jeunes joueurs montent beaucoup trop vite beaucoup trop haut, je trouve. Ça devient difficile pour eux de gérer ces ascensions, de garder les pieds sur terre. Disons que dans le football d'aujourd'hui, on est deux fois plus vite qu'avant en haut de l'affiche, mais aussi deux fois plus vite en bas. Le respect de l'être humain n'est plus le même, non plus. Les clubs ne font plus de sentiments.

Qu'avez-vous appris de vous dans la pratique de ce sport ?

J'apprends encore tous les jours. J'ai appris à me faire respecter. J'ai toujours laissé une bonne image de moi partout où je suis passé. C'est important. J'en suis fier. J'ai appris l'exigence. J'en ai tellement vu passer des joueurs, qui ont échoué par manque de rigueur, de caractère. Si tu es blessé ou pas bon, c'est fini.

Footballeur, est-ce une vie à part ?

Oui, c'est une vie et un métier à part. On a un rythme totalement différent de celui des gens qui travaillent. C'est une vie d'hôtels, de mises au vert, de week-ends bien remplis. La vie de famille peine parfois à y trouver sa place. Malgré nos contrats on est de moins en moins fixés. Il est aujourd'hui rare qu'un joueur reste plus de 10 ans dans le même club. Les footballeurs sont aussi jalousés. Les gens ont en tête nos salaires, qui sont d'ailleurs souvent éloignés de ce que l'on dit. Mais c'est un métier merveilleux. Je sais que j'ai une chance inouïe de le pratiquer. Je touche le rêve de 90 % des gamins qui prennent leur première licence et chaussent pour la première fois des crampons.

Recueilli par Mathieu COUREAU.


Stephane Pichot a joué 4 saisons au Stade Lavallois (1996-2000)  avant de connaître une belle carrière en Ligue 1 .
Retrouver sa fiche sur le site TangoFoot
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