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Stade Lavallois Museum

Stade Lavallois Museum

Site consacré à l'histoire de l'équipe de football du Stade Lavallois et aux valeurs portées par les joueurs au maillot tango.

Une équipe de l'autre coté de la France


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L'album Panini « Foot 2010 » vient de sortir. Zinedine Zidane a écrit l'édito.

Et il y parle de la couleur orange des maillots de Laval, ce qui n'est pas rien... C'est une phrase d'enfance, de goûter. C'est une phrase d'un soir de juillet, jolie comme une roulette, un passement de jambe, un râteau entre deux Brésiliens un soir de 2006 et de quart de finale de Coupe du monde.
C'est une phrase de Zinedine Zidane : « Dans les albums Panini, il y avait les noms des joueurs que l'on connaissait par coeur, la découverte d'équipes de l'autre côté de la France, qui nous faisait voyager : il y avait Marseille bien sûr, mon équipe de coeur, il y avait le maillot orange de Laval qui me faisait penser aux Pays-Bas de Cruyff... C'était notre télé à nous. »

 Zidane rêvait orange donc, collait Tango. Il faisait ses gestes précis. Alberto-le-chauve, Miton-le-moustachu, Delamontagne-le-chevelu, Lambert-le-bouclé, Omam-Biyik-le-grand. Ils sont passés entre ses mains. « Ce n'était pas seulement un plaisir égoïste de collectionner : cet album raconte le football comme on l'aime, celui du talent individuel et du talent collectif, écrit-il dans ce même édito. Celui des petites et des grandes équipes, en passant en revue intégralement, et sur un pied d'égalité, les effectifs de chaque club. »

 Jean-Marc Miton s'en amuse. Il dit, cheveux blancs en nuages : « Il y a tellement de Mayennais qui ont rêvé devant ce maillot... Lorient était bien loin à l'époque. Il n'y avait que nous. » Il parle de la bande blanche en travers avec marqué « Président » dessus. Il raconte la matière synthétique.
 Pérard : « Si seulement j'avais eu sa technique... » Loïc Pérard passe, se marre. « Ah, Zidane... Si seulement j'avais eu sa technique. » Et puis il dit : « Quand je jouais au Matra Racing, juste après Laval, on a rencontré un jour l'Olympique de Marseille. C'était en 1986. Sur la pelouse, il y avait Enzo Francescoli. Et au bord du terrain, parmi les ramasseurs de balle, Zinedine Zidane. » Qui appellera plus tard son premier fils Enzo tellement il admirait « Le Prince » uruguayen.

  Cher Zinedine, le Stade lavallois, comme vous l'écrivez, était une équipe de l'autre côté de la France, n'était qu'une équipe de l'autre côté de la France. Par chez nous, Zinedine, le football était un jeu limpide et clair dans lequel tout le monde avait sa chance, c'est vrai. Il y avait du savoir-faire et peu de faire-savoir.
 Il y avait sur la pelouse du stade Francis Le Basser, des petits, des minces, des besogneux, des talentueux un peu. Tous ou presque étaient issus du centre de formation.
Et comme vous, ils rêvaient de Cruyff, son élégance et le football total. Cher Zinedine, on buvait ici du vin chaud. Les gens venaient avec leurs escabeaux. Certains soirs de match, le gros Serge-qui-parlait-fort laissait tomber la cendre de son cigare sur le chapeau d'une dame debout sur le gradin du dessous. Les autres à côté ricanaient.
 Il y avait des soirées de broncas, des soirées d'épopées, des phrases en trop, une pelouse harassée. On quittait Thomson ou Alcatel rincé. On venait finir la semaine d'usine à Le Basser. Parce qu'ici, cher Zinedine, on y trouvait toujours une épaule.

Mathieu COUREAU. Ouest-France

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